• Michel Dubray

L’ortie piquante hémostatique ? ……..pas toujours

L’ortie piquante (Urtica dioica L.) est présentée comme une grande anti-anémique et hémostatique.

Ortie piquante

Pourtant , lors d’une formation que je dispensais sur les contre indications des plantes auprès de futurs cueilleurs et producteurs de plantes médicinales, une jeune femme témoigna que, sur elle, l’ortie aggravait les règles hémorragiques !

Bien sûr, je lui demandais en retour si elle était sûre que c’était bien l’ortie qui lui provoquait ces manifestations et non pas une autre cause. Elle me répondit que lorsqu’elle cessait d’en prendre les règles arrêtaient d’être hémorragiques et lorsqu’elle en reprenait, ça recommençait !


Que répondre à cet état si ce n’est, malgré des constats contraires acquis, que l’exception confirme la règle !, étant persuadé du contraire dans le principe, car l’ortie contient beaucoup de fer et de la vitamine K.



Ortie piquante et contre-indications


L’expérience depuis , avec les années, m’a amené à revoir cette affirmation que l'ortie piquante est toujours hémostatique.

Plusieurs cas m’ont prouvé la véracité d'un effet contraire (hémolytique) de l’ortie dans certaines conditions:

Les personnes qui ont une anémie sévère, la maladie de Biermer, une sensibilité à l’assimilation de la vitamine B12, qui ont des règles hémorragiques, une mauvaise condition intestinale risquent d’aggraver la perte de sang .

D’ailleurs, j’ai personnellement vu, les symptômes soudainement aggravés après quelques jours de prise de jus d’ortie , et aboutir à des hospitalisations.

Même si l’on peut penser à plusieurs facteurs concomitants, La prudence reste de mise.


Autre constatation, les symptômes peuvent s’aggraver surtout lorsque la prise d’ortie se fait par JUS ou EXTRAIT FLUIDE . La préparation sèche est plus lente à agir et présente moins de réactions contradictoires.


De ce fait, je me suis rendu compte que les qualités données à l’ortie piquante, à savoir :anti-anémique, reminéralisante et hémostatique, ne sont pas usurpées lorsque celle-ci est utilisée SECHE ! et que les réactions contraires, ici risque hémorragique, étaient dues à l’utilisation de la plante FRAICHE !


Avec le regain de l’utilisation des plantes sauvages et leur intégration en tant que légumes dans notre assiette, il peut y avoir accumulation des facteurs fluidifiants sanguins s'ils sont conjugués à une prise thérapeutique.


Importance du mode de préparation de la plante


J’ai fait le parallèle avec la façon de préparer la plante.

Les poils urticants contiennent plusieurs amines (histamine, sérotonine, acétylcholine…), de l’acide formique, des leucotriènes. Autrement dit, nous avons ici un véritable venin végétal. On connaît la propriété du venin à agir sur le sang.

Lors du séchage de la plante, même si celle-ci pique encore, ces composants venimeux vont s’évaporer. Cela ne sera pas le cas si on l’utilise fraîche, surtout sous forme de JUS de PLANTE . Heureusement la cuisson neutralise la plupart de ces substances lorsque nous la consommons en soupe par exemple.



Conclusion

Il n’y a jamais vraiment eu d’étude poussée sur l’utilisation thérapeutique de l’ortie piquante, ni même de pathogénésie !

On peut se demander pourquoi ?

L'ortie pousse toujours là où les hommes vivent. Elle a toujours inspiré la prudence . Elle a su faire comprendre comment garder ses distances.

L’usage populaire, qui est souvent empreint de sagesse n’en fait mention ni dans l’alimentation humaine ni en utilisation FRAICHE, sauf disette.


Si vous souhaitez la monographie complète :

Urtica dioica
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Michel Dubray



A paraître prochainement

Un livret sur les différentes préparations des plantes et leurs effets.

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